Traces de passé au domaine de Corbeville

J’avais remarqué en passant, lors de ma dernière sortie trail, que le domaine de Corbeville, longtemps fermé au public, venait de réouvrir. Ce WE a été l’occasion de lui faire une petite visite, lors d’une ballade à pied. On peut mainenant y accéder par le Parc Eugène Chanlon (voir coordonnées GPS de l’entrée)

Le domaine de Corbeville comprend un château construit au XVlème siècle, un bâtiment de ferme en forme de longère et une châtaigneraie aux arbres magnifiques, les plus gros que je connaisse en région parisienne.

Un peu d’histoire

Son dernier propriétaire résident, le commissaire-priseur Léopold Appert, l’a vendu en 1946 à la Compagnie des Compteurs, une ancienne société de fabrication de compteurs d’eau et d’électricité. En 1955, le domaine est vendu à la Compagnie Générale de Télégraphie sans fil (la CSF), devenue Thomson puis Thalés dans les années 2000. Le domaine abrite alors un centre de recherche scientifique. J’ai d’ailleurs eu l’occasion dans ma carrière d’y venir plusieurs fois. En 2006, Thalés a transfèré ses activités de recherche dans son nouveau centre de Palaiseau sur le quartier de l’Ecole polytechnique et le site est resté à l’abandon depuis. Il fait aujourd’hui l’objet d’un projet d’aménagement de l’établissement public Paris-Saclay.

La longère, avec ses traces d’exposition envahie par la végétation

Traces du passé

Mais ce qui nous a particulièrement ému, c’est un ensemble de peintures murales, vestiges d’une exposition ancienne, et recouverte par une végétation d’automne dont les couleurs renvoyaient poétiquement aux peintures.

Abbé Claude de Sainte-Marthe. Il s’installe à Port-Royal-des-Champs, haut lieu du jansénisme et devient une cibe du pouvoir royal. Il est contraint de quitter définitivement l’abbaye et se retire en 1679 dans le château de Corbeville, propriété de son cousin germain Abel de Saint-Marthe, Seigneur de Corbeville., où il décèdera 11 ans plus tard
Pauline Benda, dite Madame Simone ou simplement Simone, est une comédienne et femme de lettres française. Elle a eu une relation passionnée avec le romancier Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes. Elles se remarie en 1923 avec l’auteur François Porché avec lequel elle vit au chateau de Corbeville entre 1932 et 1940. Madame Simone s’éteindra en 1985 à l’âge de 108 ans.
Sergeï Rachmaninov a loué le chateau de Corbeville en 1925, lors d’un voyage qu’il a entrepris avec sa famille à travers toute l’Europe. Pendant son séjour, de nombreux visiteurs et amis de la diaspora russe de Paris lui ont rendu visite.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, entre 1945 et 1947, le château de Corbeville est mobilisé par l’Œuvre de Secours aux Enfants pour y accueillir des enfants juifs, dont beaucoup d’orphelins de la Shoah. Louba Pludermacher y était directrice de l’enseignement.
Irène Joliot-Curie. En 1945 elle est l’une des six commissaires du Commisariat à l’énergie atomique (CEA) nouvellement créé. En 1952, le centre d’études nucléaires de Saclay est ouvert sur un terrain de 271 hectares du plateau de Saclay, où cette même année sont mis en service le successeur de Zoé, le réacteur EL2 (Eau Lourde no 2), et le premier accélérateur de particule du CEA.
Alain Aspect est un physicien français qui a passé une grande partie de sa carrière sur le plateau de Saclay. Il est connu notamment pour avoir réalisée entre 1980 et 1982 à l’Institut d’optique à Orsay le premier test concluant portant sur un des paradoxes fondamentaux de la mécanique quantique, le paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen.

Le blason situé à l’entrée du site, qui commence à rouiller, ainsi qu’une installation artistique autour de la dualité onde-corpuscule, rappellent les liens de ce site avec la recherche sur la lumière.

Dualité Onde-Corpuscule : blason situé à l’entrée routière du site
Dualité Onde-Corpuscule : installation artistique provisoire

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