En août 2013, je pars pour quelques jours autour du Mont Perdu, avec l’idée d’en faire le tour en passant alternativement des Pyrénées françaises aux Pyrénées espagnoles. L’itinéraire va me faire traverser quelques-uns des paysages les plus spectaculaires des Pyrénées centrales : Gavarnie et Estaubé, la brèche de Tuquerouye que j’avaie vu de loin en 2006 avec mon fils, le lac Glacé sous le Mont Perdu, la vallée de Pinède, le col d’Anisclo et enfin la brèche de Roland.

Album photo complet (138 photos)
Traces Strava — 3 jours du 9 au 12 août 2013 — 55km / 4000m de D+.
- J1 Gavarnie – Bivouac au dessus du refuge des Espuguettes
- J2 Espuguettes – Pineta via Tuquerouye
- J3 Pineta – Col de Boucharo via la brèche de Roland
- J4 retour Col de Boucharo – Gavarnie

Le Mont Perdu, une montagne bien mal nommée
Le Mont Perdu est aujourd’hui l’un des sommets les plus célèbres des Pyrénées. Son nom rappelle pourtant qu’il fut longtemps pratiquement invisible depuis les grandes vallées françaises : caché derrière la formidable muraille de Gavarnie, il était « perdu » au-delà de la frontière.
Le massif présente une autre particularité : contrairement aux hauts sommets granitiques qui dominent une grande partie des Pyrénées centrales, le Mont Perdu est un gigantesque massif calcaire. Cette différence explique une grande partie des paysages que je vais traverser pendant ces quelques jours. Au nord, l’érosion glaciaire a creusé les immenses cirques de Gavarnie, Estaubé et Troumouse. Au sud, l’eau s’est enfoncée dans les calcaires pour découper les profonds canyons d’Ordesa et d’Anisclo et un reliefs en vires caractéristiques.
C’est précisément cette association exceptionnelle de cirques et de canyons qui a contribué au classement du massif Pyrénées-Mont Perdu au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997.
J1 — Gavarnie — refuge des Espuguettes — bivouac
Je pars de Gavarnie assez tard dans l’après-midi : parti vers 8h depuis la Bretagne, je suis arrivé vers 15h45 à Gavarnie. Le temps de trouver un parking et de m’équiper, et il est près de 16h15 quand je commence à marcher sur le « sentier des touristes ». Au-dessus du village se dresse l’immense muraille du cirque et sa Grande Cascade. La photo que je prend est assez similaire, dans son cadrage, au tableau Vue du Cirque de Gavarnie peint vers 1850 par par Claude-Sébastien Hugard de La Tour, un paysagiste savoyard


En prenant de l’altitude vers les Espuguettes, le paysage s’ouvre progressivement et la Brèche de Roland apparaît déjà dans la muraille.
Mon idée est de monter aussi vite et aussi haut que possible, pour trouver un bivouac au dessus du refuge des Espuguettes. Je quitte bientôt la cohue et commence la montée vers le refuge, par un sentier qui grimpe fort dans les arbres. Je me sens bien et pousse sur mes batons, doublant avec mon sac de 16kg beaucoup de randonneurs à la journée. J’atteins le refuge des Espuguettes, à 2027 m, après 1h30 de marche. En me retournant, le refuge se détache devant la brèche de Roland, encadrée par les sommets du Casque et de la Tour à gauche et celui du Taillon à droite. Encore à droite, je vois distinctement la vallée perchée du Gave des Tourettes qui descend du port de Boucharo, par lequel je compte passer en redescendant de la Brèche de Roland dans quelques jours.

Je ne m’arrête pas au refuge et continue encore un peu pour installer mon bivouac vers 2100 m, sur une zone herbeuse un peu à l’écart du sentier. Je monte la tente avec cirque de Gavarnie devant moi et la Hourquette d’Alans au-dessus. Une brume descend peu à peu et je mangerais mon plat déshydraté enveloppé dans un brouillard assez froid.

J2 — Piméné — Hourquette d’Alans — Tuquerouye — vallée de Pinède
Le lendemain, il fait magnifiquement beau quand je me réveille pour admirer le lever de soleil sur le cirque de Gavarnie. L’aube est un miracle de couleurs. Le ciel passe doucement du bleu au rose et les montagnes prennent des teintes grises et mauves. Puis les premiers rayons du soleil atteignent les crêtes : le sommet du Taillon est le premier à s’embraser d’orange et de rouge, alors que les vallées restent presque noires. Un de ces courts moments où cela vaut vraiment la peine d’avoir dormi sous la tente.


La lumière du petit matin révèle successivement la Brèche de Roland et, beaucoup plus loin vers l’ouest, le massif du Vignemale. Je passe un long moment à regarder les cîmes du Vignemale s’ensoleiller progressivement.




C’est l’heure de partir. Je replie ma tente et m’engage sur le sentier qui monte vers la Hourquette d’Alans.
Un détour par le Piméné
Mais avant de rejoindre celle-ci, je décide de faire un détour par le Petit Piméné. Dans la montée, je suis récompensé par une très belle vue de la Hourquette d’Alans encadrée par le pic Rouge de Pailla et les Astazous (Grand et le Petit).

Je gagne d’abord le col de Piméné, puis poursuis jusqu’au sommet du Petit Piméné (2646 m), d’où l’on bénéficie déjà d’une vue remarquable sur Gavarnie et le Vignemale,


Au départ, je n’était pas trop sûr de tenter d’atteindre le sommet du « grand » Piméné. Vu d’ici, la crête est impressionnante, mais un randonneur qui me dépasse (sans sac) me dit que « c’est facile » et un troupeau de chèvre stationne tout au sommet, sembant me dire aussi « nous, on y est ». Du coup, je me lance… et je ne le regretterais pas !

Le Piméné n’atteint même pas les 3000 mètres, mais sa situation isolée en fait un extraordinaire belvédère.

Du sommet, je prends le temps d’admirer cette magnifique vue à 360°. La vue plonge vers le cirque d’Estaubé caché sous une couche de nuages. Derrière le Port Neuf de Pinède et le pic de Pinède apparaissent déjà le Mont Perdu et le Cylindre du Marboré. Pour la première fois, je découvre donc les montagnes autour desquelles je vais tourner pendant les deux jours suivants.
C’est le moment de redecendre. Vu d’ici la crête qui rejoint le petit Piméné, puis, plus loin le Col de Piméné et, enfin, la Hourquette d’Alans est spectaculaire.

À la descente, une rencontre va modifier mon itinéraire :je croise un berger accompagné de son chien. C’est lui qui m’indique l’existence d’un sentier de chèvres permettant de rejoindre directement la Hourquette d’Alans depuis le col de Piméné sans redescendre jusqu’au chemin, économisant ainsi 250m de descente et, surtout, 250m de montée. Le passage au col de Piméné m’offre une vue la crête que je viens de redescendre.

Ce col de Piméné est aussi un remarquable balcon géologique. Sous mes pieds affleurent des schistes brun-rouges très anciens vieux d’environ 300 millions d’années (essentiellement paléozoïques, bien avant les dinosaures). Ils appartiennent l’unité Gavarnie-Piméné. En face, les grandes murailles stratifiées de Gavarnie et du Mont Perdu racontent une autre histoire, celle de l’unité du Mont Perdu avec :
- le pic rouge de la Pailla et les Astazous sont formés de sédiments déposés au fond des mers du Crétacé (entre 65 et 100 millions d’années),
- puis (entre 55 et 65 millions d’années) de l’Éocène qu’on distingue clairement sous la forme d’une bande beige soutenue sous le pic du Marboré
Lors de la formation des Pyrénées il y a 50 millions d’années, ces deux unitées sous la pression des plaques tectoniques ibériques et européennes, se sont rapprochées puis soulevés à près de 3000 mètres , et l’immense ensemble rocheux de l’unité du Mont Perdu a été déplacé et poussé par-dessus les terrains de l’unité Gavarnie-Piméné. La hourquette d’Alans est l’endoit exact du contact entre ces deux terrains : fragilisé par ces déplacements, elle a été attaquée par l’érosion.
Fait plus extraordinaire, tout l’emble que je vois, sous l’influence de mêmes forces de pression, s’est déplacé du Nord vers le Sud pour se retrouver au-dessus des terrains plus jeunes qu’on trouve en dessous du refuge des Espuguettes. C’est la célèbre nappe de charriage de Gavarnie, où des terrains de 300 millions d’années surplombent des calcaires de 55 millions d’années. Du sommet du Piméné, je contemple donc non seulement quelques centaines de millions d’années d’histoire, mais aussi des terrains qui se sont déplacés les uns par-dessus les autres lors de la naissance des Pyrénées.


Mais, assez de ces digressions géologiques. Je me décide, après quelques hésitations, à m’engager sur le sentier de chèvres qui se devine sous la crête descendant du Piméné. Il n’a manifestement rien d’une chemin de randonnée, mais je parviens à le suivre avec 1000 précautions, et il m’évite de redescendre inutilement.

Traversée cirque d’Estaubé
Je parviens à la Hourquette d’Alans, où nous étions passés dans l’autre sens en 2006, avec Quentin. Je bascule dans le cirque d’Estaubé. Le paysage change complètement avec le lac des Gloriettes très en contrebas. Devant moi se dessinent le Port Neuf de Pinède. Ce n’est pas par là que je me dirige, mais je traverse le cirque en direction de la Brèche de Tuquerouye. : Quentin et moi avions vue de loin cette véritable entaille dans la crête qui sépare la France de l’Espagne. Au fur et à mesure de la montée, le paysage devient de plus en plus minéral. Derrière moi restent le lac des Gloriettes, le Campbieil et le pic d’Estaragne. Je marche sur les premiers névés… J’avais décidé de faire cette rando en chaussures de trail et je me demande si ça va passer. Le couloir devient de plus en plus raide, mais la neige est molle et je parviens à la Brèche de Tuquerouye sans grandes difficultés, vers midi.

Tuquerouye : sur les traces de Ramond
Le passage de Tuquerouye joue un rôle important dans l’histoire du pyrénéisme. À la fin du XVIIIème siècle, le Mont Perdu est encore très mal connu. Louis Ramond de Carbonnières, botaniste, géologue et futur homme politique, en fait l’un de ses principaux terrains d’exploration. En 1797, accompagné de guides, il réussit à franchir le redoutable couloir de Tuquerouye et découvre derrière la brèche le lac Glacé et la face nord du Mont Perdu. Mais il lui faudra encore cinq ans pour en atteindre le sommet. Il fera en effet la première ascension du Mont Perdu le 10 août 1882, 4 jours après deux deux montagnards de Barèges, Rondo et Laurens, et un berger aragonais qu’il avait envoyés y faire une reconnaissance .
Le refuge de Tuquerouye a été construit en 1890 à l’initiative du pyrénéiste bordelais Léonce Lourde-Rocheblave et de la section Sud-Ouest du Club Alpin Français. Il est considéré comme le plus ancien refuge de montagne des Pyrénées. Le problème était évidemment d’amener des matériaux à 2666 mètres. On utilisa donc au maximum les pierres trouvées sur place. Les matériaux qui ne pouvaient l’être furent acheminés à dos de mulet jusqu’au pied du couloir, puis hissés par les guides de Gavarnie. Sa curieuse forme en voûte ogivale permet au petit édifice de résister à la neige et aux tempêtes tout en évitant une charpente complexe. Le refuge fut inauguré le 5 août 1890.
Quelques jours plus tard, le guide François Bernat-Salles accomplit un exploit d’un autre genre : il monta depuis Gavarnie, sur son dos, la statue de la Vierge de 75 kg qu’on voit sur la photo.


Le lac Glacé et le Mont Perdu
Mais c’est le panorama qui apparaît derrière la brèche qui retient d’abord mon attention. Deux cents mètres plus bas repose le lac Glacé, dominé par le Mont Perdu et le Cylindre du Marboré.

Je descends le couloir de Tuquerouye vers le lac. En me retournant, la brèche n’est bientôt plus qu’une petite entaille dans la muraille au-dessus du lac, que je longe en traversant encore quelques névés, puis une zone de karst extrêmement minérale.

Le balcon de Pinède
J’arrive bientôt au Balcon de Pinède. La vue s’ouvre brusquement sur l’immense vallée de Pinède, près de 1500 mètres plus bas.

En me penchant, je vois le sentier qui descent en zig-zaguant dans un à-pic vertigineux qu’il me faut maintenant descendre.

Une fois en bas, changement complet d’ambiance. Je retrouve les arbres, les pâturages et surtout l’eau. Je passe devant la grande cascade du Marboré, puis traverse le torrent Fuente de Esquinadasnos.


Mais la journée n’est pas terminée : il me faut encore commencer la remontée vers le col d’Anisclo. Il est plus de 18h30 et je commence à être très fatigué. Je grimpe dans une forêt, et le terrain à droite du sentier est vraiment à pic. Finalement, je trouve quelques m2 à peu près plat et je monte mon bivouac juste le long du sentier, pour un repos bien mérité.

J3 — Col d’Anisclo — corniche de Las Olas — Goriz — Brèche de Roland
Le lendemain matin, je reprends la montée vers le col d’Anisclo (2453 m). À mesure que je m’élève, toute la vallée de Pinède apparaît derrière moi.

J’atteins le col vers 9h20. Je me retourne pour admirer derrière moi le fond de la vallée de Pinède, surplombé par les balcons de Pinède et, au loin, l’entaille de labrêche de Tuquerouye et celle, moins haute, du Port Neuf de Pinède.

De l’autre côté s’ouvre un paysage spectaculaire : le cañón del río Bellós, profondément encaissé, tandis que devant moi se dressent la Punta de las Olas et l’arête sud du Mont Perdu.

C’est ici que la géologie du Mont Perdu devient particulièrement visible. Le massif est presque entièrement calcaire, mais ses deux versants ont évolué de manière très différente. Du côté français, plus humide et directement exposé aux influences atlantiques, les anciens glaciers ont creusé de vastes amphithéâtres : Gavarnie, Estaubé et Troumouse. Du côté espagnol, plus sec, les rivières ont profondément entaillé le plateau calcaire. Elles ont ainsi créé Ordesa, Pinède, Escuain et surtout Anisclo, dont le río Bellós coule très loin sous mes pieds. En quelques kilomètres, je suis donc passé des grands cirques glaciaires français aux canyons espagnols.
La corniche de Las Olas
Depuis le col, j’ai prévu de redescendre dans la vallée pour remonter ensuite au refuge de Goriz. Mais mon regard est attiré par 2 marcheurs qui cheminent horizontalement sous un ébouli rocheux, qui contourne la Punta de las Olas. Je les suis des yeux : il vont assez vite, se rapprochant de moi par ce qui -de loin- semble être un sentier qui ne figure pas sur la carte espagnole au 50 000ème que j’avais emportée. Je les attends et, quand ils arrivent au col, j’échange avec eux : ils me parlent rapidement en espagnol. Ils me parlent de la Faja de la Olas (corniche de la Olas). Je découvrirais au retour qu’il s’agit d’un passage spectaculaire emprunté par la variante GR11.9 du sentier de grande randonnée GR11 espagnol.

Je me décide à changer mon itinéraire pour l’emprunter. Pendant près de deux heures, le sentier chemine à flanc de montagne à plus de 2700m d’altitude. Il n’est pas vraiment difficile, mais mieux vaut ne pas être sujet au vertige ! Un passage où il faut poser les mains est sécurisé par une chaîne. La vue est spectaculaire sur le canyon du río Bellós et le canyon de la Pardina qui vient le rejoindre perpendiculairement.


Peu avant midi, je quitte progressivement la corniche pour rejoindre le secteur du col de Goriz. Le soleil monte et il commence à faire vraiment chaud. Une cascade descend directement des pentes du Mont Perdu : je décide de m’y arrêter pour une douche bien fraîche et enlever la poussière et la sueur accumulées depuis 24h.

Je repars après cette pause bienvenue et je parviens au Col de Goriz où le paysage sec et minéral s’ouvre vers la muraille de la brèche de Roland. Je croise un troupeau de mouton à la laine épaisse. Quelques centaines de mètres plus loin, je tombe sur un squelette complet de mouton… probablement nettoyé par les vautous. J’arrive vers 13h15 au refuge de Goriz.


Je ne m’y attarde pas longtemps et je poursuis ma route vers le col de Descargador. Je surplombe une belle harde d’isards.


Puis commence la longue remontée vers la Brèche de Roland. En regardant cette gigantesque entaille naturelle, haute d’une centaine de mètres et large d’une quarantaine, je repense à la légende selon laquelle elle aurait été ouverte, d’un couo de son épée Durandal, par Roland, neveu de Charlemagne.

Comme souvent en montagne, voir l’objectif ne signifie pas qu’on y est arrivé. Il me faudra encore près d’une heure pour franchir précautionneusement quelques névés assez pentus, passer le célèbre pas des isards (un passage à flanc de rocher sécurisé par une chaîne) et atteindre finalement la Brèche de Roland vers 17h. Le lieu constitue une véritable porte dans la muraille.



Derrière moi, l’Espagne que je viens de traverser.

Devant moi, la France, le glacier de la Brèche et le refuge des Sarradets. Je redescends sur le glacier vers le refuge. La neige est molle et je suis – toujours en chaussures de trail – une belle trace sans danger.


Depuis le glacier, belle vue sur le pic du Marboré et le glacier de la Cascade ; de l’autre côté, la Tour et le Casque dominent le cirque de Gavarnie.

Il est près de 18h lorsque je passe aux Sarradets.

Je poursuis encore vers le Port de Boucharo, traversant la cascade des Sarradets. La journée a été longue : je cherche un emplacement pour poser ma tente. J’installe finalement mon bivouac peu après 19h30, à environ 45mn de marche du port de Boucharo. Le soleil se rapproche de l’horizon et je fais de belles photos de la vallée de Gavarnie, avec la pyramide caractéristique du Piméné au loin et l’échancrure de la hourquette d’Alans, que j’ai gravi seulement hier… il y a une éternité.


J4 — Port de Boucharo — retour à Gavarnie
Le lendemain, je me lève tôt pour redescendre – en à peine deux heures – jusqu’à Gavarnie et ma voiture. En quelques jours, cette boucle m’aura fait passer d’un monde à un autre : les murailles de Gavarnie, la cîme du Piméné, le cirque d’Estaubé, le désert minéral de Tuquerouye, l’immense vallée de Pinède, le canyon d’Anisclo et les corniches espagnoles avant de retrouver la haute montagne à la Brèche de Roland.
Mais le plus amusant est peut-être la manière dont la boucle se referme. Le premier soir, depuis les hauteurs de Gavarnie, j’observais au loin une petite entaille dans l’immense muraille calcaire : la Brèche de Roland. Deux jours plus tard, après être passé derrière cette muraille, avoir contourné le Mont Perdu et traversé une bonne partie du massif espagnol, c’est précisément par cette petite entaille que je suis revenu en France.
Vue de Gavarnie, elle paraissait presque inaccessible. Vue d’Espagne, après trois jours de marche, elle ressemblait surtout à la porte de la maison… mais il me faut encore rouler pendant 9 heures, pour parvenir en soirée à Quimiac où m’attend toute la famille.