Trois jours autour du Mont Thabor avec ma sœur et un de ses fils, au départ de Valmeinier. Deux nuits en bivouac, une météo magnifique pendant les deux premiers jours et un itinéraire particulièrement beau le deuxième jour pour rejoindre le Mont Thabor par les crêtes. Le troisième jour sera bien différent, avec une averse de neige qui nous donnera brièvement l’impression d’être revenus en hiver.
Album photo complet (87 photos)
Traces Strava — 3 jours du 13 au 15 juillet 2019 — 51km / 3200m de D+.
- J1 — Pas des Griffes , col de la Plagnette, Lac du Grand Ban
- J2 — Mont Thabor par les crêtes depuis le col de Valmeinier
- J3 — Retour par le col des Marches

J1 — Pas des Griffes, col de la Plagnette et lac du Grand Ban
Nous partons vers 9h20 de Valmeinier, ayant garé notre voiture au bien nommé lieu-dit « Les déserts ». Nous remontons la vallée de la Neuvache. La première partie de la journée suit tranquillement la vallée avant que nous ne commencions à prendre de l’altitude en direction du Pas des Griffes.

Nous atteignons le Pas des Griffes (2554 m) vers 12h45. Le beau temps nous offre déjà un magnifique panorama. Vers le nord se dresse la Grande Chible (2932 m). De l’autre côté, l’Aiguille Noire (2869 m) apparaît entre la Pointe des Cerces (3098 m) et le Grand Galibier (3228 m). Plus loin, nous reconnaissons facilement les silhouettes caractéristiques des Aiguilles d’Arves.

Nous restons un bon moment au col avant de repartir. La suite commence par une descente au pied de l’Aiguille Noire, avec la Pointe des Cerces en arrière-plan. Nous perdons ainsi une partie de l’altitude gagnée le matin avant d’attaquer, vers 15h, notre seconde montée de la journée, direction le col de la Plagnette.

À mesure que nous approchons du col, les alpages laissent place aux éboulis et aux rochers. Nous atteignons le col vers 16h et découvrons derrière lui un tout nouveau paysage. Les Tours de Notre-Dame dominent l’horizon ; à leurs pieds apparaît le lac du Grand Ban, tandis que le lac Rond (2451 m) s’étend sous les Pointes des Banchets. Au loin, le Grand Galibier ferme le paysage.

Il ne nous reste plus qu’à descendre vers les lacs pour chercher notre bivouac.
Nous installons les tentes vers 17h45 au bord du lac Rond, tout près du lac du Grand Ban. Après la longue traversée de la journée, l’endroit est parfait. Nous avons devant nous les lacs, les Tours de Notre-Dame et, un peu plus loin, l’Aiguille Noire que nous avons contournée dans l’après-midi.

La soirée est calme et le beau temps semble bien installé. Nous sommes au milieu des montagnes, à près de 2500 mètres, avec pour seule préoccupation de préparer le repas et de profiter des dernières heures de lumière.
J2 — Le Mont Thabor par les crêtes
Le lendemain matin, le ciel est toujours parfaitement dégagé. Il fait un temps splendide. Nous quittons notre bivouac vers 8h30 et longeons le lac du Grand Ban pour rejoindre le seuil des Rochilles. En quelques minutes, nous découvrons le lac de la Clarée en contrebas.

Depuis le seuil, nous avons surtout une première vue d’ensemble sur une bonne partie du programme de la journée : Roche Château (2898 m), la Pointe de Névache (2892 m), la Roche du Chardonnet (2950 m) et, beaucoup plus loin, le Mont Thabor (3178 m). Il paraît encore très loin !

Nous commençons pourtant par lui tourner presque le dos. Du seuil des Rochilles, nous descendons vers le refuge des Drayères, que nous atteignons vers 9h30. Nous repartons ensuite vers l’est, en direction d’un autre lac Rond, atteint vers 10h40.

C’est là que commence la première vraie montée de la journée, vers le col des Muandes. Nous prenons rapidement de l’altitude et atteignons le col vers midi. À 2828 m, le panorama est superbe.

Devant nous, le Mont Thabor est maintenant beaucoup plus proche. Sous nos pieds s’étagent le lac Chardonnet, les lacs de la Grande Tempête et le lac Lavoir, dominés par la crête des Rois Mages. De l’autre côté, le regard porte beaucoup plus loin : Mont Pelvoux (3753 m), Barre des Écrins (4102 m), Meije (3983 m) et Grand Galibier se détachent parfaitement dans le ciel limpide.

Mais nous ne prenons pas l’itinéraire direct vers le Thabor. À partir du col des Muandes, nous partons vers le nord sur la crête de la Roche du Chardonnet afin de rejoindre le col de Valmeinier. C’est le passage que nous attendions particulièrement.
Nous progressons pratiquement en permanence à près de 2900 mètres. Malgré la mi-juillet, la neige est encore très présente cette année. De larges névés recouvrent les pentes et donnent parfois au paysage une allure de début de saison plutôt que de plein été. Le Mont Thabor reste en permanence en ligne de mire. Après être passés sur la Roche du Chardonnet, nous redescendons vers le col de Valmeinier, atteint vers 12h45.

Cette fois, nous prenons résolument la direction du Thabor. La progression continue sur les hauteurs. Nous traversons encore plusieurs zones enneigées et avançons dans un paysage devenu presque exclusivement minéral. Nous sommes depuis plusieurs heures au-dessus de 2800 mètres, mais il nous reste encore près de 400 mètres de D+ à gagner.
Vers 14h30, nous arrivons enfin au sommet du Mont Thabor (3178 m). Après cette longue approche par les crêtes, nous savourons particulièrement l’arrivée au sommet. Le temps est toujours exceptionnel. La visibilité porte très loin et nous pouvons faire un véritable tour d’horizon.

À environ 65 kilomètres apparaît le Mont Viso (3841 m). Nous retrouvons le Grand Galibier et les Aiguilles d’Arves, déjà aperçus la veille depuis le Pas des Griffes. De l’autre côté se dressent les Rois Mages, tandis que le Pic du Thabor et la Pointe de la Terre Rouge ferment une autre partie du panorama.

La journée n’est pas terminée. Nous quittons le Thabor et descendons vers la Vallée Étroite. Vers 15h40, nous passons au col des Méandes. Le Mont Viso est encore parfaitement visible au loin. Un peu plus bas apparaît le lac du Peyron.

C’est là que nous avons prévu de passer la nuit. Nous arrivons suffisamment tôt pour pouvoir prendre le temps de choisir notre emplacement et installons finalement le bivouac près du lac. Après une journée commencée au lac Rond et passée par les Rochilles, les Drayères, le col des Muandes, la Roche du Chardonnet, le col de Valmeinier et le sommet du Thabor, nous sommes contents de poser les sacs. Le ciel commence à se couvrir lorsque nous nous installons pour la soirée et le soleil nous gratifie de magnifiques lumières.



J3 — Retour par le col des Marches
Nous quittons le lac du Peyron vers 8h pour notre dernière journée. Le temps a changé. Après deux journées presque parfaites, les nuages sont maintenant beaucoup plus présents et la température a nettement baissé.
Nous remontons d’abord vers le col de la Vallée Étroite, atteint vers 8h35, puis poursuivons notre chemin vers le nord.
L’itinéraire traverse un vaste paysage d’altitude avant de rejoindre le secteur du refuge du Mont Thabor. Nous avançons tranquillement, mais l’ambiance n’a plus rien à voir avec celle de la veille. Les grands panoramas sous le ciel bleu ont laissé place aux nuages et à une lumière beaucoup plus froide. Nous arrivons au refuge du Mont Thabor vers 11h35.
Il nous reste encore une bonne partie du chemin à parcourir. Nous continuons vers l’ouest puis le nord-ouest, en direction du dernier grand obstacle de notre boucle : le col des Marches.
Vers 13h20, nous dominons le lac de Bissorte, très en contrebas. C’est à ce moment que la montagne change encore de visage. Il se met à neiger. Après deux jours de grand soleil et malgré le fait que nous soyons à la mi-juillet, nous avons soudain l’impression d’être revenus en hiver. Le contraste avec le sommet du Thabor la veille est saisissant.
Heureusement, il ne s’agit que d’une averse. Nous continuons notre montée vers le col des Marches tandis que les nuages accrochent les sommets. Nous atteignons le col vers 14h35.
C’est notre dernier passage en altitude. De l’autre côté commence la longue descente vers Valmeinier. À mesure que nous perdons de l’altitude, nous retrouvons progressivement les alpages puis la vallée de la Neuvache où nous étions passés trois jours plus tôt. Nous sommes de retour à Valmeinier vers 16h45.
La boucle est bouclée. Trois jours et deux bivouacs pour faire le tour du massif, mais surtout une très belle deuxième journée : partir des lacs des Rochilles, descendre aux Drayères, remonter au col des Muandes, parcourir les crêtes de la Roche du Chardonnet jusqu’au col de Valmeinier puis continuer presque sans quitter les hauteurs jusqu’au sommet du Mont Thabor.
Avec, pour terminer, cette petite averse de neige qui nous aura rappelé qu’à 2800 mètres, même au mois de juillet, l’hiver n’est jamais tout à fait loin.
