En lisant cette restrospective 2025, vous pouvez écouter J.S. Bach – variation Goldberg, Aria, Kimiko Ishizaka, Aria
Avec ces deux images prises presque au même endroit en tout début et en toute fin d’année 2025, j’ai plaisir à renouer avec ce moment privilégié de rédaction de ma retrospective annuelle. Moment privilégié pour moi, pour revenir sur ce que j’ai bien pu faire de ce bien si précieux qu’est notre temps. Et, je l’espère, moment privilégié pour les personnes de mon entourage qui pourraient y flâner…

C’est une évidence : le monde ne va pas bien. Mais cette année, je ne pense pas utile revenir sur tout ce qui va mal. Mais redire, encore et encore, que nous pouvons trouver un chemin pour, paraphrasant Paul Éluard
Éviter de nous perdre
Sur une terre sans chemin
Et sous un ciel sans horizon.Paul Éluard, Derniers poèmes d’amour
Mais, pour ne pas trop se prendre au sérieux, inspirons-nous aussi de Pierre Dac :
Le chemin le plus court d’un point à un autre est la ligne droite, à condition que les deux points soient bien en face l’un de l’autre.
Pierre Dac
Oui, nous avons la possibilité — modestement — de changer le monde autour de nous. Soyons frugaux et généreux, fraternels et aimants, partageons nos savoirs et expériences, créons avec nos imaginaires, bâtissons de nos mains des bribes d’un monde futur plus désirable, opposons notre optimisme et notre joie de vivre aux peurs délétères, défendons les droits essentiels — ceux des femmes en particulier — contre toutes les violences. Je vous souhaite de trouver en 2026 vos propres chemins
Nicolas
Première année à Plouharnel !
Le chantier de la maison n’était pas encore tout à fait fini. Il nous aura fallu toute l’année pour, par étapes, le terminer… à 99%. Pose des clôtures, de la girouette (en Bretagne, c’est important), remplacement par une pompe à chaleur air/eau de la vieille chaudière gaz qui a tiré sa révérence après moultes réparations , installation sur le toit de 6 kW de panneaux solaires et de leur “batterie virtuelle”, remplacement du vénérable aspirateur centralisé qui tournait depuis 30 ans (réparé une fois déjà par mes soins), finition de la placette devant l’entrée avec la pose de pavés de granit. Bref, nous en avons terminé avec les tas de terre et les allées sableuses voire boueuses. La maison a maintenant belle allure et il y fait bon vivre.



Après le rush du déménagement fin 2024, nous avons peu à peu trouvé notre rythme de vie et commencé à explorer notre nouvel environnement. Balades, baignades d’avril à octobre, cueillettes de champignons… autant de prétextes pour parcourir le territoire et capturer au fil des saisons quelques instants magiques.





















Prendre soin de la planète
Côté nature, je vous présente avec plaisir quelques-unes de mes rencontres de cette année. Je commence par ces deux tétrapodes très colorés qui, s’ils se ressemblent extérieurement, sont assez éloignés en termes de classification :
- un magnifique lézard vert photographié à la côte sauvage de Quiberon. C’est le plus grand lézard de France : il peut atteindre 30cm et appartient à l’ordre des saurophidiens. La tête de celui-ci est faiblement bleutée : il s’agit d’une femelle !
- une splendide salamandre tachetée croisée dans les pyrénées. Elle appartient à l’ordre des amphibiens.

Lézard à deux raies ou lézard vert (Lacerta bilineata)

Du côté des insectes, un scarabée rhinocéros sur son tas de bois décomposé et un spectaculaire Sphinx du Troène de plus de 10cm d’envergure qui a passé une vingtaine de minutes à se chauffer au soleil dans ma haie fruitière,


Toujours dans mon jardin, j’ai découvert toute une petite famille de Phasmes gaulois (Clonopsis gallica) qui se cachait dans une touffe de Pimprenelle. Avec leur mimétisme de brindille et leur quasi-immobilité, il faut avoir l’œil pour les observer : si je n’avais pas coupé quelques branches de pimprenelle, je ne les aurais jamais vus. Les phasmes changent de couleur en fonction de leur environnement (température, luminosité, humidité), des saisons et de leur âge. Les premiers que j’ai observés au printemps étaient d’un beau vert tendre. Après l’été, l’un deux est réapparu sur notre porte d’entrée, de couleur marron pour se confondre avec les branches des arbres. Ne pensez pas que le phasme de droite a perdu des pattes : en terrain dégagé, il allonge ses deux pattes de devant pour ressembler encore plus à une brindille.


En ce qui concerne les plantes, j’ai choisi des espèces rencontrées cette année, toutes dépourvues de chlorophylle : l’Orobanche du Gaillet, l’Orobanche du Panicaut, et le Monotrope sucepin. Elles tirent ce dont elles ont besoin pour survivre d’autres plantes qu’elles parasitent. Très spécialisées, elles sont en général inféodées à une espèce bien précise.
Le monotrope a la particularité de vivre grâce à une double symbiose : les composés organiques synthétisés par l’arbre sont acheminés au monotrope grâce au mycélium d’un champignon qui colonise à la fois les racines de l’arbre et celles du monotrope.




Comme chaque année, nous avons récolté -et dégusté- quelques chanterelles, mais ce sont deux très beaux exemplaires non comestibles que j’ai choisis pour cette rétrospective : l’Anthurus d’archer, espèce spectaculaire (et malodorante) introduite dans l’Est de la France pendant la 1ère guerre mondiale (les spores sont venus d’Australie avec les troupes et les chevaux qui sont venus combattre en France), et la mortelle Amanite phalloïde, espèce très courante dont j’ai croisé cette année un exemplaire parfait. Curieusement, je n’avais jamais observé l’Anthurus et je l’ai vu deux fois la même année, dans les Alpes et en Bretagne.


Côté jardin, j’ai mené à bien quelques travaux :
- Réfection complète des structures pour le potager (les anciennes étaient trop basses : les tomates et haricots grimpants manquaient de hauteur)
- Création d’un banc à partir du tronc d’un abricotier que nous avons rapporté de Palaiseau :
- Finalisation de la haie fruitière côté rue avec la plantation de pêcher, prunier, abricotier nain, goyavier, mûrier, groseillier
- Construction de la cabane pour le petit-fils, à partir de la simple plate-forme que j’avais aménagée l’an dernier




Le potager et le verger, cette année, ont été très en forme : énormément de tomates quasiment exemptes de mildiou, pommes de terre, carottes, salades et radis, betteraves et bettes, haricots, pommes et poires, fraises, groseilles et cassis, et, en fin de saison, de belles courges et potiron, ainsi que des crosnes que nous avons récoltés pour Noël.






Dans le cadre de l’Association pour la Sauvegarde des Chemins de Plouharnel, j’ai mené à bien un inventaire complet des chemins de Plouharnel. En partant de la carte du cadastre napoléonien, j’ai parcouru, répertorié et photographié près de 20km de chemin (soit plus de 36km de murets de pierre sèche). Grâce à cet arpentage systématique, j’ai d’écouvert de nombreux sites de la commune ce qui me donne l’impression de mieux la connaître. J’avais fait la même chose sur le plateau de Saclay, mais cela m’avait pris une quinzaine d’année avant que je puisse dire : « »j’en ai parcouru tous les chemins ». J’ai profité de ce projet pour -enfin- apprendre à me servir d’un Système d’Information Géographique (QGIS en l’occurence), chose que, passionné de cartes anciennes, je souhaitais faire depuis de nombreuses années.

Après la Journée du patrimoine à Plouharnel, l’association a lancé un chantier marquant auquel j’ai aussi participé. Il s’agit du chantier de réouverture d’un ancien chemin où nous avons joué de la tronçonneuse et de la barre à mine. Le sentier réouvert nous a permis de contribuer au projet de Dunes Sauvages d’une nouvelle boucle pédestre permettant de découvrir dès mars 2026 les dunes grises et les chemins creux de Plouharnel, au départ du village de Sainte-Barbe.

Nous avons aussi rejoint le « Champ des liens », une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui crée un tiers lieu / éco-lieu sur des parcelles de terres acquises collectivement pour apprendre, échanger, expérimenter, renforcer nos liens entre habitants et avec le vivant.

« Champ des liens », par le biais d’un investissement collectif, effectue du portage foncier et accompagne des porteurs de projets pour redessiner le paysage local au bénéfice d’une agriculture paysanne nourricière et d’une nature préservée. En 2025, nous avons participé à son chantier phare de création d’une forêt-jardin sur un terrain de deux hectares acquis par le collectif, ce qui nous a valu d’apparaître dans la presse régionale.
Signalons enfin que mon projet de compensation carbone personnel avance petit à petit. Mon ambition est de compenser tout le CO2 que j’ai pu émettre au long de ma vie pour transmettre aux générations futures -si possible- un « Net Zero Carbone » à titre personnel. Cette année, j’ai pu compléter le diagnostic entamé avec l’évaluation de l’impact carbone de mes voyage aériens professionnels (336t) par le diagnostic des émissions liées à ma consomation d’électricité (58t). Il va être intéressant de voir comment cette courbe va évoluer avec notre nouveau mode de vie et l’autoproduction de nos panneaux solaires.

L’académie des technologies avec les jeunes
J’ai continué à animer la très belle aventure de l’Académie des technologies avec les jeunes. Beaucoup de préparation pour cette seconde saison au thème inspirant « Sociétés et technologies : transmission des savoirs et des cultures ». Au final de très belles rencontres et la création, en un WE de travail très dense, d’un petit film de restitution pédagogique, issu d’un travail approfondi mené par les jeunes, et dont j’ai été l’éditeur.
Petits travaux historiques

Cette année, seulement trois travaux à signaler. Le plus important a été la rédaction -presque terminée aujourd’hui- d’une biographie concernant le Pasteur Paul Trocquemé et sa famille. Pris dans toutes ces activités, j’ai un peu ralenti la cadence de production des notices portant sur la généalogie familiale : le chantier en cours est celui de la biographie du pasteur Paul Chrisostôme Trocquemé. Elle est presque terminée mais ne sera publiée qu’en 2026. Il faut dire que, à étudier sa vie, je me suis perdu -avec délice- dans les méandres de la vie des églises protestantes de France et de Suisse entre 1870 et 1911, période intéressante ou le combat entre les orthodoxes évangéliques et les protestants libéraux.
Mais l’album photo de cette famille, constitué de photos que j’ai numérisées, datés et légendées, peut déjà être consulté.
Pour ce qui concerne l’histoire locale, deux articles à signaler. Le vieux bourg de Plouharnel présente des photos anciennes, et les mets en perspective avec des photos récentes, prises au même endroit. Les moulins de Plouharnel, résultat d’une véritable enquête de détective, retrace l’histoire et présente l’iconographie des 6 (ou 7) moulins à vent de la commune. Derrière ces deux articles, un travail de fond a été fait : mise en place d’une photothèque des anciennes images de Pouharnel, et report dans un SIG de l’ensemble des moulins à vent et à eau du Morbihan qui figurent sur la carte de Cassini. J’ai aussi mis en place une base de toponymes de la commune, que je souhaite publier l’an prochain.

Ça repart côté sport
Après une année 2024 moins sportive en raison du déménagement, j’ai pu reprendre en 2025 un rythme un peu plus normal de course à pied. Je termine l’année avec très exactement 1000km de course à pied, complété par 150km de marche et 200km de vélo. Pour suivre mes « exploits » futurs sur Strava, c’est ici.
En juin, j’ai participé au difficile trail de Guerlédan. Inscrit sur le 66 kilomètre, j’ai dû m’arrêter au bout de 7h au 44ème kilomètre en raison d’une barrière horaire (cette année plus exigeante que l’an dernier). Dommage, car, avec 1800m de D+ déjà réalisé, la plus grande partie du dénivelé était derrière moi. Il faut dire à ma décharge que je m’étais arrêté en route pour photographier le monotrope sucepin dont il a été question plus tôt !

J’ai profité d’un séjour aux Saisies pour pratiquer le ski de fond, me mettant pour la première fois au skating ! Quelques petits tours de canoé en baie de Quiberon pour compléter.
Un autre temps fort a été une belle randonnée solo dans les Pyrénées, entre le cirque de Gavarnie et le Pic d’Ardiden: 70km avec près de 3000m de D+ en 3 jours et demi avec, à la clef de belles images et de magnifiques souvenirs. Comme je le raconte ici, il s’agit d’un projet qui avait germé en moi… il y a plus de 50 ans ! Ce périple a été l’occasion de me replonger dans les origines du pyrénéisme et de découvrir le mystérieux Desman des Pyrénées.
L’âge venant peu à peu, je suis chaque jour plus conscient du privilège qui est le mien de continuer à pourvoir encore pratiquer toute sortes de sports.
Ambitions pour 2026
Enfin, voilà quelques projets pour l’année à venir :
- Être un mari, père et grand-père attentif
- S’impliquer dans la vie locale, faire de belles rencontres et partager avec d’autres des moments de qualité
- Se maintenir en forme autant que possible, faire un « grand trail » et une belle rando en montagne
- Poursuivre mon projet de vie « lower impact »
- Mettre en place une mare, les massifs de rosier, finir le patio et la réfection des allées
- Présenter dans Nicopedie ma collection de fossiles du Lutétien et quelques documents associés.
- Finir la biographie du pasteur Trocquemé et de sa famille… et débuter celle de Jules Paulian
- Contribuer à l’Académie des Technologies et à sa gouvernance
- Débuter –enfin– mon tour de France du XXIème siècle et partager les étapes de ce projet qui durera, je pense et je l’espère, plusieurs années.
Bilan de mes projets pour 2025
Ma retrospective de l’an dernier se terminait pas une liste de 9 projets pour 2025. Une petite évaluation s’impose 😉. Le bilan s’établi à 6 ✅, 2❌ et 1?. On n’est pas sur les 100%, parce que… j’ai fait plein d’autres choses (magnifique privilège de choisir chaque jour ce de quoi il sera fait).
- (? difficile pour moi de juger) Être un mari, père et grand-père attentif
- ✅ Faire de belles rencontres et partager avec d’autres des moments de qualité
- ✅ Se maintenir en forme autant que possible, faire un « grand trail » et une belle rando en montagne
- ✅ Poursuivre mon projet de vie « lower impact »
- ✅ Construire une structure bois pour les plantes grimpantes du potager, finaliser le « jardin des simples » et mettre en place une mare.
- ❌Présenter dans Nicopedie ma collection de fossiles du Lutétien et quelques documents associés.
- ✅ Publier la biographie du pasteur Trocquemé et de sa famille
- ✅ Contribuer au fil de l’eau à l’Académie des Technologies,
- ❌Débuter –enfin– mon tour de France du XXIème siècle et partager les étapes de ce projet qui durera, je pense et je l’espère, plusieurs années.



