La 7ème de Beethoven mérite mieux!

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« Pour mettre de l’intensité et de l’émotion dans une scène, il suffit de balancer la 7ème de Beethoven, et emballé c’est pesé»

« 12 films honteux qui se sont laissés aller à la facilité en utilisant la 7ème ».

II. Allegretto

Je ne sais pas pourquoi, mais je repense aujourd’hui à cette phrase, tirée de la liste des « 12 films honteux qui se sont laissés aller à la facilité en utilisant la 7ème ».

Il est temps, je crois, de prendre la défense du 2ème mouvement de la 7ème symphonie de Ludwig van Beethoven, un morceau qui mérite mieux que ce que certains viennent d’en faire. L’excellent site de la philarmonie de Paris nous en dit beaucoup sur la constuction de la symphonie.

1961 – Lola

« Pleure qui peut, Rit qui veut », proverbe chinois. Ainsi commence le premier film de Jacques Demy, Lola (1961). On comprendra que le film de Demy est loin de de s’inscrire dans les passions tristes.

L’utilisation du deuxième mouvement de la 7e symphonie de Beethoven pour commencer et terminer le film est magnifique.

Une autre séquence emploie le Clavier bien tempéré, dans un ralenti qui n’en finit pas. Pour les cinéphiles, je vous conseille aussi cette passionnante video qui décrypte comment Jacques Demy chorégraphie sa scène d’ouverture.

1970 – « Poème sur la 7ème » Johnny Haliday / texte de Philippe Labro

« Qui a couru sur cette plage ? Elle a dû être belle. Est-ce que son sable était blanc ? Est-ce qu’il y avait des fleurs jaunes. Dans le creux de chaque dune ? J’aurais bien aimé toucher du sable. Une seule fois entre mes doigts. Qui a nagé dans cette rivière ? Vous prétendez qu’elle était fraîche. Et descendait de la montagne ? J’aurais bien aimé plonger mon corps. Une seule fois dans la rivière. »

Un Johnny prenant la défense de notre planète, sur un texte un peu naïf mais tellement précurseur de Philippe Labro, c’est la preuve que la 7ème devrait nous parler d’environnement et d’écologie.

Reprsie en 2012, au Zenith de Nancy

2008 – « Love Exposure »

Un film japonais, écrit et réalisé par Sion Sono. Un film singulier par sa longueur (3 h 57) et les thèmes sulphureu qu’il traite (folie, amour, lesbianisme, sectarisme), Love Exposure (愛のむきだし, Ai no mukidashi) est bien accueilli par la critique et reçoit de nombreux prix, notamment celui du meilleur réalisateur au Prix du film Mainichi (source Wikipedia).

Ainsi donc, la 7éme symphonie peut donc aussi nous parler d’amour et non de haine, de modernité – même dérangeante – et non de conformisme faussement rassurant. Rien que pour cette idée, je crois que je vais regarder ce film dont, jusqu’à aujourd’hui, je ne connaissais en fait pas l’existence.

2010 – « Le discours d’un roi »

Dans les années 1930, Georges VI devenu roi d’Angleterre en raison de l’abdication de son frère aîné Édouard VIII surmonte un terrible handicap de langage pour prononcer, en septembre 1939, le discours radiophonique d’entrée du Royaume-Uni dans la guerre. La musique de Beethoven accompagne la prise de parole de quelqu’un dont toute l’histoire montre l’humanité et le sens du service.

La symphonie n°7 de Beethoven, anxiogène ou sereine ?

Pour conclure sur une autre vision du monde mariant jeunesse et diversité, je partage cette version de l’Orchestre Français des Jeunes sous la direction de Kwamé Ryan, enregistrée le 24 août 2009 au Grand Théâtre de Provence.

Et enfin, une version sereine et optimiste ce superbe arrangement, fait par le mathématicien, compositeur et guitariste classique Emre Sabuncuoglu.

En la circonstance, le fait que ces musiciens soient respectivement originaires de Tobago et de Turquie n’est pas pour me déplaire…

Merci d’avoir lu ce billet qui, vous l’avez compris, ne fait que parler #musique et #cinéma

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