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Passy, Jean (1866 – 1898) : Linguiste, fondateur de la phonétique, et chrétien engagé

Jean Passy (1866-898)

Jacques Passy est né en 1866 à Chambourcy (Yvelines). C’est le 4ème fils de Frédéric Passy (économiste, homme politique et 1er prix Nobel de la paix) et de Blanche Sageret.

De bonne heure Jean Passy a montré une aptitude spéciale pour les langues : il parlait dès son enfance l’anglais, l’allemand et l’italien.

Après un baccalauréat es lettres, il prend en 1886 la direction d’un cours d’anglais dans l’école de garçons de la rue Montgolfier, à Paris. Il enseignait d’après les principes de l’Association phonétique internationale, nouvellement fondée, ayant vu le premier le parti qu’on peut tirer de la transcription phonétique. Il a aussi collaboré pour une bonne part à la fixation de l’alphabet phonétique international, presque universellement adopté aujourd’hui.

Interrompant son enseignement pour des raisons de santé, il entre, en 1888, à l’École des Chartes et suit en parallèle l’École des Hautes Études, où il approfondit la philologie romane. En 1888, il fait en compagnie de mon frère Jacques, un voyage en Portugal et aux Açores qui lui a permis d’étendre notablement ses connaissances linguistiques.

Il prend aussi part à la campagne entreprise, sur l’initiative de M. Louis Havet et de son frère Paul Passy, pour la simplification de l’orthographe française et publie une Pétition pour la simplification de l’orthographe.

En 1890 , dans ses Notes de phonétique française, il donne pour la première fois les lois du déplacement de l’accent en français. Il publie aussi une Etude sur le patois d’Eaux-Bonnes. Jean Passy soutient sa thèse en 1892, sur l’Origine des Ossalois (étude comparée des patois de la région béarnaise). Jean Passy parle alors 6 langues.

Il est nommé, à la fin de 1891, bibliothécaire de la ville de Toulon, puis, en1893, attaché à la bibliothèque de la Chambre de Commerce de Paris; enfin, en 1894, archiviste des Basses-Pyrénées, il eut partout la tâche délicate de réorganiser des services qui étaient depuis longtemps en souffrance.

De 1888 à 1896, il collabore activement au journal Le Maître Phonétique fondé par son frère Paul Passy, maître de conférences à l’École des hautes études. Il publie aussi quelques articles sur les patois et chansons Landais dans le Bulletin de la Société des parlers de France.

L’année qui précède sa mort, il faisait paraître, en collaboration avec M. Adolphe Rambeau, professeur à l’Université de Baltimore, une Chrestomathie française, avec prononciation figurée, à l’usage des étrangers, précédée d’une introduction sur la méthode phonétique.

Jean Passy, dans sa jeunesse, n’avait eu aucune conviction religieuse, bien qu’ayant reçu les instructions d’un pasteur protestant. Peu convaincu, il avait refusé, à 18 ans, de faire sa première communion. Mais, sa quête spirituelle le mène, le jour de Pâques 1891, à une conversion radicale et complète. Il rejoint l’église baptiste, devient un chrétien actif, soutenant activement des œuvres organisées par diverses communions protestantes Unions chrétiennes et collaborant à divers journaux religieux, surtout à l’Écho de la Vérité. Son prosélytisme n’avait rien de sectaire ni d’intolérant : il publie ainsi, en 1896, Comment nous unir?, texte par lequel il souhaite rapprocher, sur le terrain neutre de la bienfaisance et de la charité, non seulement toutes les croyances positives ou religieuses, mais toutes les bonnes volontés.

Il contracte la tuberculose (dont sa sœur Jeanne est aussi décédée) en 1893, suit des cures en Suisse tout en continuant de travailler mais doit, en 1895, quitter ses fonctions. Il décède à Lausanne et y est inhumé.

Philologue et archiviste, chrétien engagé, s’intéressant aux hommes encore bien plus qu’à leur parler, ardent défenseur des patois et des coutumes locales, Jean Passy a laissé comme souvenir à ses contemporains par son intelligence vive et ouverte, sa noblesse morale, sa passion pour la vérité et pour le bien, son aménité de caractère et son abnégation personnelle.

Sources

Publications de Jean Passy

  • « Patois d’Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées) « , Revue des patois gallo-romans (t. III, 1890, p. 106-129). [En ligne]
  • « Notes de phonétique française, Phonetische Studien de W. Vietor (Marburg, 1890)
  • « Pétition pour la simplification de l’orthographe et l’Académie française », Revue générale (1er avril-1er mai 1890),
  • « L’Origine des Ossalois, Étude Dialectologique et Historique », Thèse manuscrite 1892, publiée en 1904. [En ligne]
  • Série de comptes-rendus, de transcriptions phonétiques et de courts articles, Le Maître Phonétique, 1888 – 1896
  •  « Dialectes gascons » (à propos du livre de M. Max. Lanusse, De l’influence du dialecte gascon sur la langue française, de la fin du XVe à la seconde moitié du XVIIe siècle)., Bulletin de la Société des parlers de France, sept. 1893 :
  • « Observations sur l’amuïssement de l’s dans le sud-ouest », Bulletin de la Société des parlers de France, nov. 1893 :
  • « Chanson landaise », Bulletin de la Société des parlers de France, nov. 1893
  • « Observations sur la phonétique landaise », Bulletin de la Société des parlers de France, mars 1894
  • « Comment nous unir? » Rapport présenté à la XIème conférence nationale des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens (Unions de France) tenue à Nîmes, 1895… Paris, librairie populaire, in-8° (30 p.).
  • « Chrestomathie française…, avec prononciation figurée, à l’usage des étrangers, précédée d’une introduction sur la méthode phonétique » (Paris, Le Soudier, in-8°), 1897. [En ligne]

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